PDP gratuite 2026 : la meilleure que la DGFiP tait
Cinq. Sur les 112 plateformes agréées par la DGFiP recensées au printemps 2026, seules cinq offrent une PDP gratuite réellement pérenne, sans piège freemium déguisé ni essai à durée limitée. Tiime, Indy, Abby, Facture.net et Henrri composent ce noyau dur des gratuites sincères, à condition de bien lire les conditions générales. Toutes les autres, y compris celles que les comparateurs commerciaux mettent en avant, jouent sur l’ambiguïté du mot gratuit.
Le contexte rend cette enquête nécessaire. Depuis l’abandon du Portail Public de Facturation en octobre 2024, l’État a transféré l’intégralité du marché vers le privé, et la promesse initiale d’un service gratuit universel est tombée. La seule réponse possible pour les TPE qui refusent l’abonnement mensuel consiste à composer avec les rares offres privées sincèrement gratuites, dans une logique de conformité minimale assumée plutôt que de surcouche payante.
Les comparatifs publiés ailleurs partagent un défaut commun : ils sont rédigés par des PDP qui se mettent elles-mêmes en première position. Notre lecture est différente. Nous examinons le modèle économique derrière chaque gratuit, parce que c’est lui qui détermine si l’offre tiendra encore en septembre 2027.
Indy — la PDP gratuite que la DGFiP ne met pas en avant.
Plateforme agréée DGFiP utilisable à zéro euro pour un micro-entrepreneur ou un freelance jusqu’à l’envoi de la première facture incluse. La voie minimale légale pour rester en règle sans rentrer dans la logique de l’abonnement mensuel obligatoire.
- Plateforme agréée DGFiP
- Gratuit jusqu’à l’envoi de la 1ère facture
- Conforme PDP 2026 sans surcoût
- Pensé pour les micro-entrepreneurs
- Pas de revente de données tierces
I — Le mythe officielL’État avait promis un service gratuit. Il l’a retiré.
La réforme avait été vendue avec un argument central : un service public gratuit pour toutes les entreprises, opéré par la DGFiP elle-même, accessible sans abonnement. Cette promesse a disparu en octobre 2024, sans véritable débat public. Le calendrier reste, l’option gratuite n’existe plus.
L’abandon du PPF en octobre 2024, sans véritable débat
Le 15 octobre 2024, Bercy annonce officiellement l’abandon du Portail Public de Facturation comme plateforme d’émission et de réception. La décision, prise après plusieurs reports successifs, ferme la promesse initiale faite aux TPE : un service gratuit opéré par l’État, équivalent fonctionnel à Chorus Pro pour le B2B. Officiellement, la DGFiP invoque la complexité technique et le coût budgétaire. Officieusement, plusieurs publications spécialisées documentent le lobbying intense des éditeurs SaaS français durant l’été 2024, qui pesait pour un retrait pur et simple du concurrent public. La loi de finances pour 2026 a ensuite acté la nouvelle dénomination des opérateurs privés : la PDP devient officiellement plateforme agréée, terme désormais en vigueur dans toutes les communications de la DGFiP. Le comparatif détaillé entre ce qui reste du PPF et l’offre PDP privée éclaire le glissement opérationnel.
Ce qui reste du PPF aujourd’hui
Le PPF n’a pas totalement disparu. Son rôle a été recentré sur deux missions secondaires : l’annuaire central des entreprises immatriculées au système, et le concentrateur e-reporting qui collecte les données de transaction transmises par les PA privées. Aucune émission de facture n’est plus possible directement via le PPF depuis octobre 2024. Aucune réception non plus. Concrètement, l’entreprise qui souhaite rester conforme doit obligatoirement souscrire à une PA, qu’elle soit payante ou gratuite. L’État conserve néanmoins un accès complet aux données collectées par ce circuit privé, ce qui répond à l’objectif initial de surveillance fiscale. Le service gratuit a disparu pour l’utilisateur. La centralisation des données, elle, reste intacte.
Plusieurs cabinets d’éditeurs SaaS ont publiquement remercié Bercy dans la presse spécialisée fin 2024, en saluant une « clarification du modèle de marché » qui revenait à supprimer leur unique concurrent public.
Un transfert total du marché vers le secteur privé
Le résultat tient en une phrase : 100 % des entreprises françaises assujetties à la TVA doivent désormais transiter par un opérateur privé pour leurs factures B2B. La DGFiP a immatriculé 112 plateformes agréées au 21 mars 2026 selon la liste officielle, dont une majorité opère sur un modèle d’abonnement mensuel allant de 5 à 99 euros par utilisateur. Seule une petite minorité d’éditeurs propose une vraie offre gratuite, dont le modèle économique repose sur la montée en gamme ou sur la rentabilisation d’autres services connexes. Les autres acteurs du marché financent leur opération soit par l’abonnement payant direct, soit par des contrats B2B avec des éditeurs comptables, soit par la monétisation des données agrégées. Aucune jurisprudence française n’encadre encore précisément les obligations contractuelles d’un éditeur gratuit qui basculerait vers le payant après l’échéance.
II — Les chiffres réelsCombien de PDP sont vraiment gratuites en 2026 ?
Le mot gratuit recouvre trois réalités très différentes dans le marché actuel : le freemium pérenne, l’essai prolongé qui bascule payant, et le gratuit conditionné à un autre abonnement. Sur les 112 PA agréées DGFiP au printemps 2026, cinq seulement entrent dans la première catégorie sans astérisque caché.
112 PA agréées, mais combien vraiment gratuites ?
Le décompte exact reste mouvant. La DGFiP publie chaque mois une mise à jour de la liste officielle, avec deux statuts distincts : agrément provisoire (deux à trois ans avec audits) et agrément définitif. En mai 2026, 112 PA figurent à la liste, dont environ 80 ont un agrément définitif. Sur ce total, l’analyse des grilles tarifaires publiques fait apparaître trois groupes. Un premier groupe d’environ 70 acteurs propose uniquement des abonnements payants, entre 5 et 99 euros mensuels selon le volume. Un deuxième groupe d’une vingtaine de plateformes inclut un essai gratuit limité à 14 ou 30 jours, qui bascule automatiquement vers un abonnement payant. Le troisième groupe, le plus restreint, propose une offre gratuite pérenne sans bascule contractuelle obligatoire. Notre comparatif des PDP au profil anti-SaaS minimaliste entre davantage dans le détail technique de ces dernières.
recensées en mai 2026
et pérennes sans bascule
non transmise via PA
Les cinq vraies gratuites pérennes
Le noyau dur des gratuites sincères se compose de cinq plateformes. Tiime propose une PDP intégrée 100 % gratuite, sans limite de factures, avec compte pro et synchro temps réel vers l’expert-comptable du client. La fintech française est immatriculée PA sous le numéro 0037 et compte plus de 250 000 utilisateurs déclarés. Indy offre la facturation et la comptabilité gratuites pour les indépendants jusqu’à l’envoi de la première facture, puis bascule sur une formule Micro à environ 50 euros annuels pour les usages comptables avancés. La plateforme cible spécifiquement les micro-entrepreneurs.
Abby propose une formule freemium à vie pour les auto-entrepreneurs, qui combine facturation conforme Factur-X, déclaration URSSAF intégrée et suivi du chiffre d’affaires. Facture.net propose une offre 100 % gratuite sans freemium caché, illimitée en factures et en clients, avec engagement public de gratuité maintenue après septembre 2026. Henrri, édité par le Groupe Rivalis depuis 1994, propose une facturation gratuite illimitée pour les auto-entrepreneurs et TPE, avec une garantie de pérennité éditoriale supérieure à celle des start-ups récentes.
Les fausses gratuites qui peuplent les comparatifs
Plusieurs plateformes affichent une offre gratuite qui ne l’est pas vraiment. Qonto présente sa facturation comme gratuite et illimitée, mais l’accès suppose la souscription préalable à un compte professionnel payant, dont le ticket d’entrée démarre à 9 euros mensuels. Dougs propose une PDP incluse dans son offre d’expertise comptable en ligne, à 49 euros mensuels minimum. Pennylane affiche un free tier pour les micro-entreprises, qui devient payant dès que l’entreprise atteint un certain niveau d’activité ou demande l’OCR fournisseurs. Plusieurs autres acteurs annoncent une offre gratuite qui se limite en pratique à 5 à 10 factures mensuelles, seuil qui correspond à un mois d’activité moyen d’un micro-entrepreneur. La nuance est commerciale, pas frauduleuse. Elle reste un point que les comparatifs publiés par les éditeurs eux-mêmes ne mentionnent jamais clairement.
III — Le piège freemiumComment vous allez basculer sur du payant sans le voir venir.
Le freemium n’est pas une œuvre de charité. Les éditeurs qui le proposent ont un modèle économique précis, dont l’objectif est l’acquisition large suivie d’une conversion progressive vers les forfaits payants. Comprendre ce mécanisme permet de choisir une offre dont la promesse tient au-delà de la première facture émise.
Le modèle économique derrière chaque free tier
Le freemium PDP repose sur deux paris assumés. Le premier : convaincre un grand nombre de très petits utilisateurs de créer un compte gratuit, en pariant sur la croissance de leur activité dans les trois ans qui suivent. Le second : monétiser les utilisateurs qui restent grâce à des fonctions premium devenues indispensables, comme l’OCR fournisseurs, le rapprochement bancaire, la gestion multi-utilisateurs ou les relances automatisées. Selon les chiffres publics communiqués par certains éditeurs lors de levées de fonds, le taux de conversion d’un utilisateur gratuit vers un forfait payant se situe entre 8 et 15 % sur douze mois, avec un panier moyen entre 15 et 35 euros mensuels. À ces volumes, le free tier devient soutenable, surtout si l’éditeur dispose d’autres sources de revenu, comme un compte pro payant ou un partenariat cabinet-comptable.
Le gratuit n’est pas un cadeau. C’est l’antichambre d’un payant que l’éditeur attend que vous demandiez vous-même.— L’observatoire
Les seuils qui font basculer du gratuit vers le payant
Les seuils qui font basculer du gratuit vers le payant varient selon les éditeurs, mais suivent trois familles. Le volume de factures arrive en premier : la plupart des freemiums limitent silencieusement à 10 ou 30 factures mensuelles, au-delà l’utilisateur reçoit une invitation au passage payant. Les fonctions de productivité arrivent ensuite : OCR fournisseurs, relances automatiques poussées, rapprochement bancaire, intégration ERP. Ces modules sont rarement disponibles en gratuit, et leur absence devient pesante dès que l’activité dépasse cinq factures hebdomadaires. La gestion multi-utilisateurs ferme la troisième porte : la quasi-totalité des freemiums limite à un seul compte utilisateur, ce qui rend la solution impraticable dès qu’un assistant administratif ou un expert-comptable doit accéder à la plateforme.
Les clauses contractuelles qui peuvent tout changer
Le dernier piège, le plus sournois, concerne les clauses contractuelles. Les conditions générales des PDP gratuites incluent quasi-systématiquement une clause de modification tarifaire unilatérale, qui permet à l’éditeur de transformer son offre gratuite en payante avec un préavis de 30 à 90 jours. Aucune jurisprudence solide n’existe en France sur la portabilité forcée en cas de bascule tarifaire après l’entrée en vigueur de l’obligation. Une PDP gratuite en juin 2026 peut décider de facturer 9 euros mensuels en novembre 2026, et l’entreprise utilisatrice n’aura comme alternative que la migration vers une autre PA. Cette migration reste lourde, malgré l’interopérabilité réglementaire imposée. Pour les profils qui veulent éviter complètement l’abonnement récurrent, notre analyse des solutions sans abonnement mensuel détaille les alternatives au modèle SaaS classique.
La gratuité contractuelle d’une PDP au printemps 2026 ne garantit pas la gratuité après septembre 2026. Vérifiez la clause de modification tarifaire avant de souscrire et conservez une option de migration documentée.
Tiime — un seul outil pour rester en règle avec la réforme 2026.
PDP gratuite intégrée à un compte pro et un outil de facturation conformes Factur-X, opérationnels dès maintenant. Modèle économique tenu par les options compte pro et expert-comptable, pas par la conversion forcée des utilisateurs gratuits.
- PDP agréée intégrée nativement
- Compte pro pensé pour les TPE
- Synchro temps réel avec votre EC
- Cartes Mastercard incluses
- Pas de frais cachés ni dépassement
IV — La parade légaleNotre recommandation par profil d’entreprise.
Le choix d’une PDP gratuite ne se fait pas sur une note Trustpilot ou sur l’ergonomie d’une démo. Il se fait sur l’adéquation du modèle économique de l’éditeur à la réalité opérationnelle de l’entreprise. Trois profils-types couvrent l’essentiel du marché des TPE et des indépendants.
Micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur
Pour un micro-entrepreneur ou un auto-entrepreneur qui émet moins de vingt factures mensuelles, deux options dominent. Indy propose un environnement orienté comptabilité simplifiée, avec déclaration URSSAF automatique et tableau de bord pensé pour les revenus libéraux ou de prestation de service. Abby cible plus précisément les auto-entrepreneurs, avec un suivi du chiffre d’affaires en temps réel et une intégration native à la déclaration URSSAF. Le critère décisif entre les deux tient à la nature du revenu : Indy gère mieux les régimes BNC et les professions libérales, Abby reste plus pertinente pour les profils marchands et prestataires de services à la personne.
TPE structurée avec un expert-comptable
Pour une TPE structurée avec un expert-comptable, Tiime occupe une position singulière. La synchro temps réel avec le cabinet, l’export des écritures comptables automatique et la PDP intégrée nativement permettent de rester dans un seul outil de la facture au bilan annuel. Pennylane joue dans une logique différente, plus haut de gamme, avec une cible PME et une intégration ERP poussée. Pour une TPE qui veut vraiment rester gratuite, Tiime reste la solution la plus complète actuellement, à condition d’utiliser également son compte pro qui finance le modèle économique.
Usage minimal et réception uniquement
Pour une entreprise qui n’émet que rarement des factures, voire jamais, mais qui doit pouvoir en recevoir, l’équation change. Facture.net offre une réception illimitée et un outil de facturation simple sans bascule freemium, opportune pour les saisonniers ou les structures à très faible activité. Henrri propose une approche similaire, avec une garantie de pérennité supérieure liée à son adossement au Groupe Rivalis. Dans cette configuration de besoin minimal, éviter purement et simplement l’abonnement mensuel d’une PDP inutile reste la décision la plus rationnelle.
Une PDP gratuite tient durablement quand son modèle économique ne dépend pas de la conversion des utilisateurs gratuits. Préférez les éditeurs qui financent le free tier par un compte pro, une activité comptable ou un autre service que la facture elle-même.
La meilleure PDP gratuite n’existe pas dans l’absolu. Elle existe pour vous, ou contre vous.
La question initiale est mal posée. Choisir une PDP gratuite revient surtout à choisir l’éditeur dont le modèle économique tient sans rentabiliser votre conformité fiscale. Tiime et Indy passent ce test à fin 2026. Facture.net et Henrri aussi, sur des profils plus restreints. Les autres jouent une partition commerciale dont le tempo accélèrera après septembre 2026, quand la captation forcée commencera.
Questions fréquentes
Le PPF est-il encore une PDP gratuite en 2026 ?
Non. Le Portail Public de Facturation a été abandonné comme plateforme d’émission et de réception en octobre 2024. Il subsiste uniquement comme annuaire central et concentrateur e-reporting. Aucune entreprise ne peut émettre ou recevoir des factures électroniques via le PPF depuis cette date. La gratuité d’origine a disparu en même temps que la fonction.
Quelle est la meilleure PDP gratuite pour un auto-entrepreneur ?
Pour un auto-entrepreneur, deux choix dominent : Abby pour son intégration URSSAF native et son suivi du chiffre d’affaires en temps réel, et Indy pour son orientation comptabilité simplifiée. Abby reste plus pertinente pour les profils marchands ou les prestataires de services à la personne. Indy convient mieux aux profils libéraux et aux BNC. Les deux restent gratuites tant que l’activité ne dépasse pas les seuils de leur formule de base.
Une PDP gratuite est-elle moins sécurisée qu’une PDP payante ?
Non. Toutes les PA, gratuites ou payantes, doivent respecter le même cahier des charges DGFiP : chiffrement TLS, conservation sécurisée, audit annuel. La sécurité dépend de l’agrément, pas du prix. La différence porte sur les fonctions de productivité, le support client et la profondeur d’intégration ERP, pas sur la conformité de base imposée par la réforme.
Que se passe-t-il si la PDP gratuite devient payante après septembre 2026 ?
L’éditeur peut modifier son tarif avec un préavis contractuel, généralement de 30 à 90 jours. L’entreprise utilisatrice peut alors migrer vers une autre PA agréée. La portabilité réglementaire impose le transfert de l’historique à la nouvelle plateforme. La migration reste lourde en pratique : redirection des adresses de réception, reparamétrage des connecteurs, formation des équipes.
Peut-on changer de PDP gratuitement après avoir choisi ?
Oui. La réglementation impose la portabilité sur 12 mois : la PDP que vous quittez doit transférer l’historique à la nouvelle PA. Le transfert lui-même est gratuit, mais les frais opérationnels indirects existent : reparamétrage des intégrations, formation, redirection des flux. Mieux vaut choisir correctement la première fois ou opter pour une plateforme avec migration assistée documentée.