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Doola ou Firstbase : LLC US, le comparatif sans filtre

Deux plateformes, deux tarifs d’appel : Doola démarre à 297 $ par an, Firstbase à 399 $ pour la création. Pour un non-résident qui veut juste une LLC américaine montée vite et bien, le match se résume à ça : Doola est moins cher et plus complet en entrée de gamme, Firstbase est plus carré sur le suivi et l’écosystème bancaire. Voilà la réponse courte. La vraie question arrive juste après.

Sauf que le prix d’appel ne dit rien du coût réel. Une LLC n’est pas un achat unique : c’est un abonnement à vie fait d’agent enregistré, de frais d’État et d’une déclaration fiscale obligatoire chaque année. Avant de départager deux prestataires, il faut poser les bases de ce qu’implique créer une société à l’étranger quand on part de France, parce que c’est là que tout se joue.

Le sujet brûlant n’est pas Doola contre Firstbase. C’est ce que ces deux plateformes ne gèrent pas : le formulaire 5472 et sa pénalité à 25 000 $, la transparence fiscale côté français, le risque d’établissement stable. Les comparatifs sponsorisés s’arrêtent au prix de création. C’est précisément là que les ennuis commencent.

L’essentiel en 30 secondes
Doola (297 $/an) est l’option la moins chère et la plus complète à l’entrée : formation, EIN, agent enregistré et adresse US inclus. Firstbase (399 $) facture l’agent et l’adresse en sus, mais soigne le suivi et les partenaires bancaires. Sur trois ans, l’écart se creuse selon l’État choisi et les options fiscales. Pour un résident fiscal français, aucune des deux ne règle le formulaire 5472 ni les déclarations françaises.
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I — Les deux promessesCe que vendent réellement Doola et Firstbase.

Les deux plateformes racontent la même histoire : une LLC américaine montée à distance, sans déplacement, sans avocat, sans numéro de sécurité sociale américain. La nuance se loge dans le périmètre exact de chaque offre et dans le choix de l’État. Sur ce point, le duel Wyoming contre Delaware pèse parfois plus lourd que le prestataire lui-même.

Doola : l’entrée de gamme la plus dense

Fondée en 2020 (programme Y Combinator, ex-StartPack), Doola cible les fondateurs internationaux et les e-commerçants. Son plan Starter à 297 $ par an inclut la formation, l’EIN, l’operating agreement, un an d’agent enregistré et une adresse US. Le palier Total Compliance grimpe à 1 999 $ et ajoute les déclarations fiscales américaines, dont le formulaire 5472 et le BOI. Le Business-in-a-Box atteint 2 999 $. La plateforme accompagne l’ouverture d’un compte Mercury, sans la garantir. Sa réputation Trustpilot reste solide, mais les litiges remontés au Better Business Bureau portent souvent sur la facturation et le support après-vente.

Firstbase : le suivi plus carré, la facture plus salée

Plus ancienne (lancée en 2019), Firstbase mise sur l’automatisation et un réseau de partenaires fourni. La création coûte 399 $ et couvre la formation au Wyoming ou au Delaware, plus l’EIN. Attention au modèle : l’agent enregistré est facturé 149 $ par an, et l’adresse US, obligatoire pour ouvrir la société, passe par l’abonnement Mailroom à 35 $ par mois, soit 420 $ par an. La comptabilité et les déclarations fiscales sont regroupées dans l’offre Firstbase One. Côté banque, l’intégration s’appuie sur des partenaires comme Mercury, Brex ou Relay.

II — Le vrai coûtLe prix d’appel ment, le coût sur trois ans tranche.

Comparer 297 $ et 399 $ n’a aucun sens. Une LLC coûte chaque année, indépendamment du chiffre d’affaires : agent enregistré, frais d’État, et déclaration fiscale fédérale. C’est l’addition récurrente qui sépare réellement les deux options, bien avant la qualité du tableau de bord ou la couleur du logo.

Année 1 : un écart trompeur

Sur la première année, la différence reste modeste. Doola affiche un ticket d’entrée plus bas, tout inclus. Firstbase démarre plus haut une fois l’agent et l’adresse ajoutés. Mais le choix de l’État pèse davantage : le Wyoming facture 100 $ à la création puis 60 $ par an, là où le Delaware impose une franchise tax de 300 $ par an. Sur trois ans, cet écart d’État dépasse souvent le coût du prestataire. Avant d’ouvrir le compte bancaire de la société, additionnez d’abord ces lignes fixes.

Trois postes reviennent chaque année et n’apparaissent jamais dans le tarif affiché en gros sur la page d’accueil.

149$
Agent enregistré Firstbase
facturé chaque année
420$
Adresse US obligatoire
35 $/mois chez Firstbase
25 000$
Pénalité IRS
en cas d’oubli du formulaire 5472

Ces trois lignes transforment un comparatif de prix d’appel en piège. Le moins cher à la création n’est pas forcément le moins cher à l’arrivée.

Le coût récurrent que personne n’affiche

Les pages de vente insistent sur le tarif de création. Elles parlent moins du renouvellement. L’agent enregistré se reconduit, parfois plus cher après la première année. L’adresse US se paie en continu. Et la déclaration fiscale fédérale tombe à chaque exercice. Sur trois ans, un comparatif indépendant chiffre Firstbase autour de 3 276 $ avec les déclarations, et Doola jusqu’à 6 474 $ en formule Total Compliance. L’entrée de gamme la moins chère devient ainsi la plus chère dès qu’on empile les options.

Voici à quoi ressemble l’arbitrage, ligne par ligne.

Poste de coût
Doola
Firstbase
Création + EIN
297 $ tout inclus
399 $
Agent enregistré (an 1)
Inclus
149 $/an
Adresse US
Incluse
35 $/mois
Déclarations fiscales US
Palier à 1 999 $
Offre Firstbase One
Coût 3 ans (avec fiscalité)
~6 474 $
~3 276 $
Suivi et support
Litiges facturation signalés
Suivi structuré

La conclusion est inconfortable pour Doola : imbattable tant qu’on se limite à la création, nettement plus lourd dès qu’on prend la conformité fiscale complète. Le vrai départage n’est donc pas le logo, mais le périmètre que vous achetez.

III — L’angle mortCe que ni Doola ni Firstbase ne gèrent pour vous.

Voici le point que les comparatifs sponsorisés évitent soigneusement. Former la LLC est la partie facile. La maintenir conforme, des deux côtés de l’Atlantique, est le vrai métier. Sur ce terrain, le prestataire de création n’est qu’un maillon, et rarement le plus important.

Le formulaire 5472 et sa pénalité à 25 000 $

Depuis 2017, toute LLC à associé unique détenue par un étranger doit déposer chaque année un formulaire 5472 accompagné d’un 1120 pro forma. Ce document liste les transactions entre la société et son propriétaire. L’échéance tombe le 15 avril, avec extension possible. L’oubli coûte 25 000 $, forfaitaires, sans lien avec le chiffre d’affaires. Or aucun des grands prestataires n’inclut ce dépôt dans son prix de base. Doola le propose dans son palier à 1 999 $, Firstbase via Firstbase One. Beaucoup de fondateurs l’ignorent jusqu’à la lettre de l’IRS.

Le saviez-vous

Le formulaire 5472 s’applique aux LLC à capital étranger depuis la réforme fiscale américaine de 2017. Sa pénalité forfaitaire est passée de 10 000 $ à 25 000 $, et l’IRS ne la négocie pas.

Côté français : la transparence qui rattrape tout

Pour un résident fiscal français, une LLC est traitée comme transparente : les bénéfices remontent à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, généralement au régime micro-BNC avec son abattement de 34 %. Le compte bancaire américain doit être déclaré via le formulaire 3916, sous peine de 1 500 € d’amende par compte. Surtout, si vous pilotez la société depuis la France, le fisc peut requalifier un établissement stable et faire tomber le montage. Pour facturer un client français depuis une structure étrangère, la prudence s’impose.

Attention

Une LLC pilotée depuis votre bureau en France reste fiscalement française. La résidence fiscale réelle prime sur l’adresse postale. L’article 209 B du CGI, l’article 123 bis et la directive ATAD permettent au fisc de rattacher les bénéfices et d’appliquer les pénalités.

Une LLC détenue par un résident français n’offre aucun avantage fiscal par rapport à une SASU ou une EURL. Elle ajoute surtout une complexité internationale et un risque de pénalités. — Synthèse des avis de fiscalistes spécialisés en mobilité internationale

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Ce que vaut vraiment l’argument anti-réforme une fois confronté au droit français et aux contrôles.

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IV — Le bon choixDoola ou Firstbase : lequel, et pour qui.

La bonne réponse dépend moins de l’outil que de votre situation réelle. Deux profils s’en sortent bien avec une LLC. Un troisième devrait sérieusement reconsidérer le projet avant de payer quoi que ce soit.

Le e-commerçant et le nomade vraiment expatrié

Pour un vendeur en ligne ou un nomade numérique qui a réellement quitté la France, la LLC garde du sens : accès à Stripe, paiements en dollars, crédibilité auprès des fournisseurs américains. Doola convient à qui veut le pack le plus complet au prix le plus bas. Firstbase parle davantage à qui cherche un suivi structuré et un écosystème de partenaires. L’alternative européenne mérite aussi un coup d’œil : notre comparatif de Xolo en Estonie montre un modèle souvent plus simple pour un Européen.

Le résident fiscal français : souvent ni l’un ni l’autre

Si vous vivez et travaillez en France, le calcul change du tout au tout. La LLC ne baisse pas votre impôt : vos bénéfices restent imposés en France, avec en prime deux jeux d’obligations déclaratives et un risque de redressement. Le coût du prestataire devient anecdotique face à celui d’un comptable américain pour le 5472 et d’un fiscaliste français pour sécuriser le montage. Dans la majorité des cas, une EURL ou une SASU coûte moins cher en ennuis. Le bon réflexe : anticiper comment rapatrier les bénéfices légalement avant même de créer.

À retenir

Le choix Doola contre Firstbase n’a de sens qu’une fois la question fiscale tranchée. Pour un vrai non-résident, Doola gagne sur le prix, Firstbase sur le suivi. Pour un résident français, le débat est souvent prématuré.

Verdict

Le comparatif qui compte n’oppose pas deux logos, mais deux fiscalités.

Doola et Firstbase font correctement le même travail : monter une LLC vite et à distance. L’un est moins cher à l’entrée, l’autre plus carré sur la durée. Mais le piège ne vient jamais du prestataire. Il vient du formulaire 5472 oublié et de la résidence fiscale française ignorée. Choisir l’outil avant d’avoir tranché la fiscalité, c’est optimiser la couleur du parachute avant de vérifier qu’il s’ouvre.

— L’observatoire, le 21 mai 2026

Questions fréquentes

Doola ou Firstbase : lequel revient le moins cher au total ?

Tout dépend de l’État et des options fiscales. Sur trois ans avec déclarations, Firstbase ressort souvent autour de 3 276 $, contre jusqu’à 6 474 $ pour Doola en formule Total Compliance. En revanche, si vous ne voulez que la création sans tax filing, Doola est imbattable avec ses 297 $.

Peut-on créer une LLC sans numéro de sécurité sociale américain ?

Oui. Les deux plateformes obtiennent l’EIN auprès de l’IRS via le formulaire SS-4, sans SSN ni ITIN. Pour un non-résident, la procédure passe souvent par fax et peut prendre 4 à 8 semaines sans accompagnement, d’où l’intérêt d’un prestataire qui dispose d’un représentant autorisé aux États-Unis.

Faut-il choisir le Wyoming ou le Delaware ?

Le Wyoming est moins cher (60 $ par an, pas d’impôt d’État, confidentialité des associés) et convient à un freelance solo. Le Delaware coûte 300 $ par an de franchise tax mais offre la Court of Chancery, utile pour une startup destinée à lever des fonds. Pour la plupart des indépendants, le Wyoming suffit.

Une LLC permet-elle d’échapper à la facturation électronique française ?

Non, pas si vous êtes résident fiscal français facturant des clients français. La transparence fiscale fait remonter vos revenus en France, et le risque d’établissement stable demeure. La structure américaine ne vous sort pas du champ des obligations françaises, elle ajoute simplement une couche de déclarations internationales.

Que se passe-t-il si j’oublie le formulaire 5472 ?

La pénalité est de 25 000 $, forfaitaire, quel que soit le chiffre d’affaires. L’agent enregistré ne dépose pas ce formulaire à votre place : c’est une erreur fréquente. La parade consiste à déléguer le dépôt à un comptable américain, pour un coût annuel généralement compris entre 300 et 500 $.